Quand trop d’adjectifs tuent le verbe… Voici mon flop de l’année !

Chronique #55

Novembre 2014

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Titre : Aquatilia – Le secret de Thelma
Auteur : Bérangère Tosello
Editeur : Autoédition
Parution : 2013
Nombre de pages : 385 pages
Genre : Jeunesse / Fantastique


Résumé couverture

Au cœur d’une immense cavité sous-marine demeure Aquatilia, paisible cité aquatique. C’est en ces lieux que des sirènes, hommes et femmes, vivent en toute quiétude, isolées du reste du monde. L’essence de leur vie d’immortels consiste en la méditation, à laquelle ils dispensent tout leur temps d’éveil. Les habitants d’Aquatilia ont pour but de visiter à distance d’autres lieux ou cités aquatiques par voyage astral, via leur âme. Tous travaillent avec le plus grand des plaisirs. Tous, à l’exception de Thelma. Depuis son plus jeune âge, cette sirène ne partage pas les mêmes envies que les autres et s’éloigne chaque jour, dans le plus grand des secrets, de sa cité sous-marine. Elle passe ainsi ses journées sur une petite île déserte qu’elle affectionne tout particulièrement. Cependant, à mesure que les jours défilent, le cœur de Thelma se ternit. Seule sur la plage, elle songe à une autre existence et n’assume plus ce secret qui la ronge au quotidien. Pourtant, l’idée d’abandonner Aquatilia, en particulier Artemus, son patriarche, et Dant, son ami, lui est impossible… Mais par une paisible matinée, tout bascule. Après avoir quitté sa chambre et regagné son île, Thelma fait une incroyable découverte… Le secret de la sirène sera alors plus que jamais menacé. Saura-t-elle malgré tout le préserver ? Et quel pourrait être le prix de braver ainsi l’interdit ?


Mon avis sur le livre

Il est vraiment rare qu’un livre me déçoive. De temps en temps, un livre me plait moins qu’un autre car le récit est mal traduit, car un des personnages m’énerve un peu trop ou car les détails ne sont pas assez nombreux. Mais cette fois-ci, trop de gouttes ont fait déborder le vase. Et cela est vraiment dommage car j’admire énormément l’auteure (une personne extrêmement sympathique), qui a réussi à prendre en charge tout le projet d’autoédition de ce roman. Aquatilia ou, quand trop d’adjectifs tuent le verbe, voilà donc ma déception de l’année. Mais laissez-moi d’abord vous expliquer.  

Ce roman de Bérangère Tosello, pourtant porteur d’une idée intéressante, m’a grandement déçu de par son écriture trop enluminée, son manque de quête et ses personnages ennuyants.

Si la troisième personne du singulier est souvent utilisée pour garder une vision d’ensemble et un point de vue externe aux personnages, l’emploi de cette forme, dans ce cas-ci, fut inadéquate et mal utilisée. Le lecteur ne ressent aucun lien affectif ou intimiste avec les personnages et, cette vision externe du récit, le positionne uniquement en tant que spectateur, et non acteur (ou participant) de la scène.

L’intrigue, qui pourtant semblait avoir bien commencée après le second chapitre, est vite tombée à plat et c’est avec stupeur qu’on se rend compte qu’il ne se passe vraiment pas grand chose. Bien sûr, des événements se succèdent les uns aux autres… mais il n’y a pas de véritable quête ou de but ultime que le héros cherche à atteindre. Enfin si… mais celle-ci débute à presque 100 pages de la fin et ne se conclue même pas… « La suite au prochain épisode », comme on dit.

On aurait pu croire qu’une histoire avec des sirènes comme personnages principaux, un navire qui sombre en mer et une « maybe love story interdite » allaient, sans encombres, entraîner le lecteur dans une épopée fantastique. Mais non, rien de tout cela. Les sirènes sont soporifiques au possible. Elles ne mangent pas, ne dorment pas, passent leur temps à méditer et à imprégner des villes depuis longtemps détruites… bref, rien de très excitant. Certaines sont mesquines et se disputent comme de vraies poissonnières pour essayer de conquérir le cœur d’un homme-sirène mais cela ressemble plus à des gamineries qu’à autres choses. Même Thelma, l’unique sirène qui réussit à sortir de la cité pour visiter le monde extérieur, finit par revenir chez Papa-Artemus pour reconstruire la ville des sirènes lorsque celle-ci est partiellement détruite.

De plus, même si les adjectifs bien placés sont généralement bien appréciés, une overdose est loin d’être recommandée. On peut sincèrement parler d’excès dans ce cas-ci, car c’est par dizaines que l’on compte les adverbes et adjectifs sur une seule page, comme si l’auteur avait voulu forcer, embellir ou rendre son récit plus tragique qu’il ne fallait. Simplicité et impartialité : voilà ce qu’il aurait fallu lui conseiller.

Scènes inutiles ou n’ayant aucun rapport avec l’intrigue principale, personnages superficiels et mal utilisés, surabondance d’épithètes et manque total d’aboutissement : voilà au final un bilan fortement négatif pour ce premier tome.

Extrait :

« Le soleil se levait doucement et les couleurs orangées envahissaient harmonieusement cet incroyable décor. Tel était cet astre flamboyant à la noblesse inégalable dont les reflets s’étalaient jusqu’au visage de Thelma qui observaient amoureusement ce phénomène matinal. »

C’est beau… mais c’est un peu too much pour moi… En résumé, voilà un flop que je n’oublierai pas.

#atouchofbluemarine

11/11/2014


I just can’t stop reading… 

6 réflexions sur “Quand trop d’adjectifs tuent le verbe… Voici mon flop de l’année !

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