Au revoir là-haut • Pierre Lemaitre

 

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Titre : Au revoir là-haut
Auteur : Pierre Lemaitre
Editeur : Albin Michel
Parution : 2016
Nombre de pages : 567
Genre : Littérature Historique

CHRONIQUE #338

Novembre 2017

« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »
Sur les ruines du plus grand carnage du XX° siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec Ses morts… Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu. Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

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Suis-je la seule à trouver les livres primés d’un prix littéraire beaucoup plus pompant et dur à lire que les « simples » romans contemporains best-sellers ? J’ai lu « Un long dimanche de fiançailles » il y a deux ans, un classique sur la guerre ayant également reçu un prix littéraire et mon ressenti fut (presque) le même que lors de cette lecture-ci. Long, fastidieux et un peu déprimant. Pour moi, un prix littéraire doit être attribué à un roman qui vous fait vibrer, ressentir des émotions fortes et profondes… un roman qui vous tord le ventre et les sens (dans le style, je vous recommande La tresse, Lait et Miel, Charlotte pour n’en citer que quelques-uns) et qui vous donne envie de le relire une fois que vous l’avez terminé. Lors de la lecture d’Au revoir là-haut – que beaucoup qualifient de chef d’œuvre – j’ai majoritairement ressenti de l’ennui, du malaise et une impression que temps avançait au ralenti. J’ai décidé de le noter 3/5 avec la mention « Pas génial. Pas mauvais. A recommander à certains lecteurs ». Et oui, je le pense vraiment.

Ce livre n’est pas mauvais. J’ en ai d’ailleurs apprécié de nombreux aspects. La relation avec la petite Louise par exemple, la gentillesse d’Albert envers son ami déformé du visage et accro à la morphine, la scène d’ouverture qui était très vivante et qui permet de rentrer dans le récit,  l’intrigue générale où des rescapés de la guerre mettent en place un complot pour voler de l’argent à l’Etat, l’âme artistique d’Edouard lorsqu’il créé ses masques et dessine les statues… Vous le voyez, nombreux sont les éléments qui vont s’ajouter dans la colonne des « pour ».

Cependant, je n’ai pas trouvé ce livre génial non plus. De manière générale, j’ai trouvé que le récit était tiré en longueur. Entre la 100ème et la 300ème page environ, je me suis ennuyée. Ennuyée grandement. Oui, les soldats ont survécu miraculeusement mais maintenant ils sont planqués et vivent une vie de misère à deux. Il ne se passe pas grand-chose et il faut attendre longtemps avant qu’enfin, le sujet principal de l’histoire se mette en place. Ensuite, il faut quand même mentionner le côté un peu malsain de ce récit qui se fout royalement de la gueule des soldats morts au combat pendant la première guerre mondiale. D’un côté, on a l’intrigue du lieutenant d’Aulnay-Pradelle qui cherche à faire du business en maltraitant les corps retrouvés sur le champ de bataille (via des cercueils trop petits pour contenir en un seul morceau leur cadavre, et des employés Chinois qui, ne sachant pas lire le français, place les corps dans des tombes qui ne leur sont pas destinées) ; et d’un autre côté, nous avons le duo gagnant « Albert & Edouard », les soldats rescapés qui s’amusent à créer une combine qui leur fera gagner un gros paquet de thune si ça fonctionne. Leur idée : vendre des monuments aux morts sans délivrer le produit final. C’est donc un livre où on se fait de l’argent sur le dos des héros nationaux et où on se fout de la tristesse des vivants. Voilà, comme ça tout est dit

Mon planning lecture est cependant bien tombé vu que j’ai lu ce livre la semaine de la Toussaint. J’étais donc parfaitement dans le thème… Maintenant comme vous pouvez le voir, ce n’est pas un livre pour tout le monde. Tant le fond assez malsain que la forme assez lourde peuvent être des freins pour le lecteur lambda.

Si ça ne tenait qu’à moi, les prix littéraires seraient donnés aux best-sellers grandioses que tout le monde se recommande via le bouche à oreille : La vérité sur l’affaire Harry Québert pour commencer ou encore La tresse qui a fait vibrer les lectrices sur les blogs cette été…  Je ne remets pas en question le talent de Pierre Lemaitre qui a d’ailleurs eu le plaisir et la fierté (j’imagine…) de voir son récit adapté sur grand écran cette semaine, mais je note quand même que les romans sacrés d’un bandeau rouge ne sont parfois pas les meilleurs livres qu’un lecteur pourrait trouver en librairie.

En résumé, un livre qui m’a été pénible de terminer. Il m’a fallu plusieurs longues soirées pour en arriver au bout et j’en ressors mitigée… J’avais ce livre dans ma PAL depuis Noël dernier et j’ai finalement décidé de le lire maintenant car c’était en lien avec l’actualité cinématographique mais je ne sais pas si j’aurai un jour envie de voir le film. Peut-être par curiosité car j’adore voir les adaptations de livres que j’ai lu pour visualiser les personnages.  Nombreux sont ceux qui l’ont qualifié de chef-d’œuvre selon les médias / blogs. Personnellement, un livre qui me donne plus l’impression de faire un devoir d’école plutôt que de me donner envie de passer la nuit à lire, ce n’est pas celui que je recommanderai à mes amis.

Une critique un peu dure pour un livre qui ne le mérite peut-être pas. Mais c’est mon point de vue et je suis honnête avec vous. Si votre opinion est à l’opposé de la sienne (ou si vous pensez comme moi), n’hésitez pas à m’en faire part. Je suis curieuse d’avoir vos réactions !

=> Lien vers Amazon <=

Pour ceux que ça intéresse, voici la bande-annonce du film 🙂

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Lecture approuvée par #atouchofbluemarine

et KILI KOBALT, le koala qui lit !

8 réflexions sur “Au revoir là-haut • Pierre Lemaitre

  1. On m’a conseillé Lemaître à la bib hier, et c’est vrai que je le vois passer souvent dans les mains des lecteurs mais je n’en ai pas encore lu un seul ! Toutefois, étant souvent sujette à l’ennui, je vais peut-être passer mon tour sur ce titre-là… Mais je suis d’accord avec toi sur la question des prix littéraires. Beaucoup de bouquins pompeux, élitistes ; je préfère lire des « prix des lecteurs », qui seront appréciés par des gens moins… Ben, pompeux et élitistes ^^

    Aimé par 1 personne

  2. Je ne l´ai pas lu mais ma mère m’en a fait cette description
    Je n’ai pas vu le film mais rien que la ba’de annonce m’a mise mal a l´aise donc sincerement, je suis presque soulagée de voir ta critique et ça me réchauffe le coeur que quelqu’un soit honnête face à ce « chef-d’oeuvre » 🙂

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  3. Personnellement j’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai trouvé la plume incroyable, à la fois poétique et caustique, et l’intrigue audacieuse. Je suis d’accord avec toi sur les longueurs, c’est ce qui fait que ça n’a pas été un coup de coeur pour moi.

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