J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle • Jo Witek

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En librairie le 21 février prochain !

╰☆ Résumé ☆╮

En rentrant du collège pour les vacances scolaires, Efi est convaincue qu’elle est une ado comme les autres et qu’à quatorze ans le monde lui appartient. Elle regagne son village, fière d’un carnet de notes exemplaire. Mais cela ne compte plus pour les siens. Elle est une fille nubile à présent, c’est-à-dire : bonne à marier. Plus de liberté, plus d’horizons, plus de livres ni de balades avec les copines. Son avenir est désormais entre les mains d’un père, puis celles du mari qu’on lui a choisi. Elle est devenue une marchandise, un cadeau que s’offrent les familles. Arrachée à l’enfance, ses rêves piétinés, Efi entre dans l’enfer du mariage forcé. Son destin serait-il au XXI° siècle de vivre à jamais en servante emprisonnée ? Le portrait touchant d’une adolescente rebelle qui incarne la voix de millions de jeunes filles opprimés, et le combat contre l’archaïsme.

✿ Mon avis ✿

Quelle claque ce livre ! Moins de 150 pages et pourtant tant d’émotions. Le destin d’Efi – et de tant d’autres jeunes filles à peine pubères – est révoltant et pourtant, le mariage forcé n’est pas encore un souvenir dans certaines parties du monde. On a abolit l’esclavage… Quand est-ce qu’on arrivera à faire en sorte que toutes les femmes aient des droits, la possibilité de s’instruire et de choisir avec qui elles passeront le reste de leur vie ? 

L’auteure ne mentionne pas clairement où se déroule l’intrigue mais nous pouvons un peu imaginer le décor grâce aux indices répartis au fil du récit. Nous savons que la famille d’Efi vit dans un village éloigné de toute métropole, que l’électricité n’est pas courante, que sa mère en est sa 7ème grossesse (et cela ne semble pas l’enchanter plus que cela) et que par dessus tout, ce sont les hommes qui décident du destin de leurs filles. Leurs filles qu’ils traitent comme des marchandises, des bonnes à tout faire mais surtout des gentilles ‘potiches’ obéissantes qui n’ont ni le droit de penser par elle-même, encore de moins d’avoir le choix de leur avenir. 

Je ne suis rien. Je n’ai pas de prénom ni de destin. Je suis la fille. (…) Je ne suis qu’une simple marchandise que les hommes passent de main en main. (p.49)

Cette histoire pourrait se passer en Afrique du Nord, au Proche-Orient voir encore en Asie. Personnellement, j’ai eu l’impression que nous étions plus dans un pays chaud vu certaines scènes mais qu’importe l’endroit au final. Ce qui compte c’est de réaliser que ce genre de pratique est inadmissible, horrible et que pourtant… elles sévissent encore. La pauvre Efi qui rêve d’apprendre, de devenir ingénieur voit sa vie changer du tout au tout lorsqu’elle revient dans son village à ses 14 ans. Elle doit toujours être surveillée par ses frères, ses oncles, ses cousins. On lui dit qu’elle est très jolie et qu’elle a de la chance… de la chance car cela attirera plus facilement un mari à la prendre en mariage. Mais cela, elle ne le sait pas. Et on ne compte pas lui demander son avis. Son père va tout arranger pour elle. 

Il n’y a rien de pire aux yeux de notre village qu’une mauvaise fille, c’est-à-dire une fille libre de ses actes comme de ses pensées. (p.60)

C’est incroyable comme cette lecture est marquante. On voit qu’Efi est une simple jeune fille mais que son destin ne sera jamais libre. Simplement car elle est née dans cette famille, dans cette culture… Elle va tout faire pour refuser ce choix qu’on lui impose. Tout. Mais est-ce que cela sera suffisant ? Est-ce qu’elle pourra un jour oser penser et rêver pour elle-même ? 

Un grand merci à Actes Sud Junior et à l’auteur, Jo Witek pour le partage de cette histoire si crue et importante. A recommander vivement dans les écoles et auprès de la jeunesse… ainsi qu’ailleurs bien entendu. Si vous aimez les livres qui portent sur le sujet, je vous recommande aussi La perle et la coquille et Mille soleils splendides (qui sont eux des lectures adultes absolument déchirantes et belles à la fois). 

En librairie le 21 février prochain ! 

CHRONIQUE #616 – Janvier 2021 

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