Beloved • Toni Morrison

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Un récit qui interpelle sur l’abolition de l’esclavage… mais pas un livre que je relirais.

 ╰☆ Résumé ☆╮

It is the mid-1800s and as slavery looks to be coming to an end, Sethe is haunted by the violent trauma it wrought on her former enslaved life at Sweet Home, Kentucky. Her dead baby daughter, whose tombstone bears the single word, Beloved, returns as a spectre to punish her mother, but also to elicit her love.

✿ Mon avis ✿

Beloved est le livre de ma pile à lire Goodreads qui avait le plus de ratings. Plus de 342.000 évaluations, cela laisse entrevoir un récit marquant et mondialement connu. Je découvre donc la plume de la renommée Toni Morrison avec cet ouvrage paru en 1987. L’histoire commence en 1873 dans l’Ohio où Sethe, une femme noire, anciennement esclave, vit dans une maison appelée 124 avec sa fille, Denver. Le titre du roman fait référence au fantôme de sa fille prénommée Beloved, bébé qu’elle a tué pour lui éviter de vivre une vie d’esclave.

Cette lecture n’est pas des plus reposantes, elle demande un certain investissement. Si vous avez envie de le découvrir, je vous invite à prendre le temps de le savourer car la plume de l’auteur n’est pas du genre à être lue en diagonale. Il faut dire aussi que ce livre a reçu un Pulitzer, et on comprend aisément pourquoi. Outre la dureté du thème abordé, celui de l’esclave principalement – mais bien d’autres thèmes viennent s’y raccrocher subrepticement – Toni Morrison nous invite à découvrir une femme qui a morflé et qui tente coûte que coûte de survivre alors même qu’elle est désormais une femme libre. Car bien qu’elle ne soit plus sous le joug de qui que ce soit, son quotidien est loin d’être facile. Les souvenirs de sa période en tant qu’esclave et les marques que cette vie a laissé sur sa peau, sur son corps mais aussi dans sa tête lui rappellent tous les jours toutes les épreuves qu’elle a enduré. Ses enfants perdus, son mari disparu, son bébé qu’elle a du se forcer à oublier… Non la vie n’est pas joyeuse pour Sethe.

En alternant les moments ‘présent’ se déroulant au 124 avec Denver mais aussi Paul D, et les souvenirs de sa vie au Bon-Abri (Sweet Home dans la version originale – que je préfère de loin comme dénomination !), Toni Morrison aborde la fin de l’esclavage aux Etats-Unis avec brio. C’est poignant, poétique et dur mais l’espoir et l’amour sont là. Celui d’une mère pour son enfant, d’un enfant pour sa mère, d’une fille pour sa sœur et des hommes pour la vie. Une vie libre, sans chaine ni personne pour leur dire comment vivre.

Si l’histoire et le thème principal méritent qu’on s’intéresse à ce livre, j’avoue avoir eu un peu de mal avec le style de l’auteur qui s’amuse à jouer au petit Poucet avec ses péripéties et l’historique de ses personnages. Il y a pas mal de va et vient, dans le passé, le présent, à Sweet Home puis au 124 sans vraiment laisser des indices temporels sur les différentes périodes. On s’y perd de temps en temps… J’ai dû me concentrer sur certains passages pour arriver à suivre le fil du récit et voir où l’auteur voulait m’amener. C’est un récit qui interpelle mais qui demande aussi de s’accrocher. Il faut vouloir s’imprégner de l’histoire pour apprécier le livre à sa juste valeur.

J’ai fort apprécié les passages dans le passé où on découvre la vie d’esclave de Sethe et surtout le moment où elle est partie de Sweet Home. Ce moment où elle a eu son dernier enfant, où elle a du trouver en elle la force de toute une vie pour arriver à accoucher. Les moments où elle arrive chez Baby Suggs, sa belle-mère, étaient aussi très plaisant à découvrir. Quant aux passages au 124 avec Paul D, Denver et l’arrivée de Beloved, ce personnage si curieux, il y avait du bon mais aussi du moins bon. Je vous avoue avoir parfois un peu décroché. 

En somme, au niveau du fond une histoire et des personnages qui marquent mais dont la plume et la structure ne m’ont pas totalement convaincue. Si vous savez lire en anglais, je vous conseille la version en VO, j’ai pu consulter les deux ouvrages et clairement, la VF est loin de transmettre la même atmosphère… Le style de Toni Morrison est beaucoup plus digne et poétique en anglais que dans la traduction. Pas un livre que je vais relire mais je suis quand même contente de lui avoir donné sa chance.  

 CHRONIQUE #642 – Avril 2021 

  • Titre: Beloved
  • Auteur : Toni Morrison
  • Editeur : Ballantine Books
  • Parution : 2019 (pour cette édition)
  • Nombre de pages : 321 pages
  • Genre : Littérature

6 réflexions sur “Beloved • Toni Morrison

  1. J’ai lu un roman de Toni Morrison il y a longtemps (le titre m’échappe) et je me rappelle avoir aussi trouvé que ce n’était pas facile d’accès, mais ça m’avait remuée à cause des sujets abordés.

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