Linea Nigra • Sophie Andriansen

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Une fiction croisée à une mine d’information sur la grossesse et la maternité . 

 ╰☆ Résumé ☆╮

« — C’est lui ? demandé-je. Parce que c’est si rapide, parce que c’est extraordinaire, parce que c’est miraculeux, parce que je n’y crois pas. Malgré les neuf mois écoulés, le poids sur mon périnée et les mouvements dans mon ventre, malgré les quatorze heures de contractions et l’équipe mobilisée pour que j’accouche, je n’y crois pas. »

Stéphanie est heureuse. Heureuse avec Luc et heureuse d’être enceinte, car cet enfant sera la consécration de leur amour. Elle aime la ligne brune apparue sur son ventre, symbole des changements qu’elle sent déjà s’opérer en elle.

Stéphanie est heureuse, et pourtant… Les doutes ne tardent pas à arriver et à se multiplier, la maternité n’est pas ce à quoi elle s’attendait. Le post-partum se révèle un territoire obscur. Était-elle vraiment préparée à ce tsunami ? En quête de réponses, elle se rend vite compte, au contact d’autres femmes, d’une réalité simple : on ne naît pas mère, on le devient. Chacune à sa manière.

✿ Mon avis ✿

Décidément, les livres sur la maternité sont partout pour le moment. J’en ai en tout cas plusieurs qui sont arrivés dans ma PAL et je prends un grand plaisir à les découvrir. Linea Nigra ne fait pas défaut à la règle, j’ai passé un très bon moment avec cet ouvrage.

Pourquoi ouvrage et non ‘roman’ ? Car il faut reconnaitre que l’œuvre de Sophie Adriansen n’est pas seulement un récit. La fiction est présente avec l’héroïne, Stéphanie, qui tombe enceinte de son premier bébé, mais son histoire est entourée de nombreux faits, chiffres, anecdotes et citations sur la grossesse et la maternité.

Les chapitres ultra-courts (1-2 pages) rythment la lecture et les pages défilent à toute vitesse. J’ai apprécié découvrir tous ces aspects sur le « devenir maman » bien que, comme le mentionne très bien Mon Jardin Littéraire dans sa propre chronique, le livre peut paraitre très – trop – factuel et un peu moralisateur. En effet, l’autrice utilise un ton assez cassant qui pourrait faire peur à certaines lectrices. J’ai moi-même été choquée par l’un des chapitres – Les Bouchers – qui met en scène deux gynécologues masculins qui opèrent comme de vrais bourreaux, sans se soucier de la femme qui est sur la table d’accouchement. Comme si c’était à la future maman de se positionner au mieux pour laisser les médecins opérer. Comme si elle n’avait aucun rôle à jouer dans son accouchement. Comme si elle subissait ce miracle de la vie de façon tout à fait passive.

Soyez donc prêtes pour cette lecture qui essaye de réveiller les consciences, quitte à donner au passage un sentiment de culpabilité à celles qui ont choisi d’avoir une péridurale ou qui ont dû subir une césarienne… C’est le côté un peu ‘négatif’ de ce livre. On a l’impression d’être jugée pour ne pas avoir fait ‘au mieux’. Alors que le mieux ne devrait pas être objectif ni universel. Le mieux c’est ce qui convient à la femme, à la future mère. 

L’ouvrage en lui-même rassemble donc de nombreuses informations sur la grossesse en alternant les faits et le récit de Stéphanie. Tous les sujets liés à la grossesse (le regard des autres, la dépression post-partum, le baby blues, l’apprentissage de la vie avec un bébé, l’accouchement et son accompagnement…) sont passés en revue, petit à petit, et on apprend en parallèle à connaitre l’héroïne avec les passages au présent où elle nous parle de la naissance de son bébé et les moments ‘d’avant’ où on découvre sa nouvelle relation avec Luc, le futur papa.

Je pense que la lecture de ce livre sera très différente pour quelqu’un qui a des déjà des enfants, pour quelqu’un qui compte en avoir un jour et pour quelqu’un qui vit une grossesse. On ne peut s’empêcher de comparer son expérience, ses choix avec ce qui est expliqué dans le roman. En un sens c’est bien car on trouve écho à certaines choses qu’on aurait pu ressentir et on ne se sent plus si seule. Mais le livre peut aussi donner l’impression de faire la morale à certaines femmes… c’est une question de point de vue. Personnellement, j’ai parfois ressenti certaines accusations mais j’ai aussi à de nombreuses reprises apprécier pouvoir lire des choses qui me sont aussi arrivés et auxquelles je pouvais facilement m’identifier. J’ai globalement passé un bon moment avec ce livre et j’ai apprécié sa diversité dans son format bien qu’il ne s’agisse pas d’une fiction linéaire comme on a l’habitude d’en lire. Un roman très utile pour les personnes qui s’intéressent à ces thèmes mais aussi un texte qui prend position et qui peut paraitre un peu accusateur.

Bonus : J’ai l’impression que la BD ‘La remplaçante’ que je viens de lire est en partie une adaptation de ce roman car j’ai retrouvé certains extraits qui étaient présents dans la BD (celle-ci parle de dépression post-partum) dont Sophie Andriansen est également l’autrice. Si vous aimez le sujet ou que vous désirez voir la version illustrée raccourcie de cette histoire, je vous recommande fortement l’album !  

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 CHRONIQUE #658 – Juin 2021 

  • Editeur : Charleston
  • Parution :  2021 (pour le poche)
  • Nombre de pages : 624 pages
  • Genre : Contemporain

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